Laure, belle entre les grasses, Qui porte avec mille grâces
Les diamants, Sans jamais en être vaine,
Trouve qu'elle a trop de peine Et trop d'amants.
Elle dit : Je me fatigue De tout ce luxe prodigue,
De tous ces ors. Tout cela, c'est trop d'affaire,
Et je ne sais plus que faire De mes trésors.
Chacun a la fantaisie De goûter à l'ambroisie
De mes baisers. Ils arrivent des deux pôles,
Et les lys de mes épaules En sont usés.
Ils me disent trop de phrases. D'ailleurs, j'ai trop de topazes
Et de rubis. Faut-il donc les mettre en poudre,
Ou, plus simplement, les coudre Sur mes habits ?
Telle se désole, en prose, Laure, pareille à la rose
Qui resplendit. Elle se moque d'un prince
Et d'un banquier. Mais la mince Irma lui dit :
Je n'ai rien dans mon armoire, Car les satins et la moire
Se vendent cher, Et si, l'hiver, je frissonne,
C'est que j'ai sur ma personne Trop peu de chair.
Si les faiseurs de tapages Ont mis trop d'or sur les pages
De ton roman, Ne jette pas tout, ma belle,
Dans les boîtes de Poubelle, Et donne-m'en ! |