| Vos longs cils aux sombres franges, Vos beaux cils mystérieux, Font encore plus étranges Les rayons verts de vos yeux. Dans vos cheveux étincellent De fauves paillettes d'or, Et sur vos lèvres ruissellent Les rires au fol essor. Mais vous êtes si légère Qu'à vous suivre j'ai pâli. Je suis fatigué, ma chère : Bonsoir Lili ! Un beau soir, tout pleins d'ivresse, Nous fîmes un grand serment : Vous deviez à ma jeunesse Donner votre bras charmant, Et, dans nos baisers, où l'âme Montait en soupirs heureux, S'éleva l'épithalame Éternel des amoureux. Mais vous êtes si légère Qu'à vous suivre j'ai pâli. Je suis fatigué, ma chère : Bonsoir Lili ! Depuis lors, pour vous rejoindre, Tous mes soins sont superflus. De vos regards, pas le moindre, De vos sourires, non plus. On reprend les hirondelles, Mais vous, je le dis tout bas, Vous fuyez plus vite qu'elles Et l'on ne vous reprend pas. Oui, vous êtes si légère Qu'à vous suivre j'ai pâli. Je suis fatigué, ma chère : Bonsoir, Lili ! Adieu donc. Soyez, petite, Heureuse dans vos amours. Mais ne partez plus si vite : L'on vous aimerait toujours. Pour moi, comme un invalide, Je vais, en songeant à vous, Dans une cassette vide, Enfermer vos billets doux. Car vous êtes si légère Qu'à vous suivre j'ai pâli. Je suis fatigué, ma chère : Bonsoir, Lili ! |
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POÈME DE LAURENT TAILHADE MUSIQUE DE MICHEL AGNERAY |